Brouillon

Introduction

INTRODUCTION

Chaque saint, comme diraient les Philosophes, est « point de vue » sur l’essence divine, un reflet de la beauté de Dieu. Capter ce reflet, c’est recueillir une intime richesse que nous n’aurions pas découvert seuls ; c’est par eux affermir peu à peu une approche tâtonnante du Seigneur et de son royaume, que leur vie quotidienne a rendu singulièrement présents.

Un saint que nous aimons, c’est un chemin déjà balisé dans le champ encore en friche de notre intériorité.

Alors ! Marchons longuement au pas de ceux qui nous attirent. Non pas un jour, ou une semaine, mais un mois, plusieurs ou des années.

  • Mais qui choisir ? Qui m’apprendra à trouver ce compagnon, cet ami sur ma route ?
  • Sauf exception la règle de la foi emprunte des chemins identiques : un proche, un témoin que j’admire un médiateur en tout cas se trouvera toujours pour m’indiquer celui qui guidera ma quête spirituelle = Vénérable, Bienheureux, canonisés, simple reflet aimant de Dieu…

« Nous croyons à la communion des saints » qu’elle soit horizontale, entre frères, ou verticale, entre ciel et terre. À condition qu’elle soit vivante et dynamique.

S’attendrir toute sa vie devant la jolie statue de la petite Thérèse, les roses posées sur son crucifix, cela reste de l’ordre des élans sympatiques et respectables. Mais vivre en sa compagnie, c’est entreprendre de lire ses manuscrits, en tentant d’assimiler dans l’oraison sa « petite voie ».

Charles de Foucaud

IXème Étape (1)

Charles de Foucauld (1858-1916) : une brève approche pour le rencontrer

Charles de Foucauld -Figure emblématique du converti, après une vie dissolue ; souvent comparé à son immense prédécesseur, St Augustin, Charles de Foucauld, à la fois par son chemin d’errance et la radicalité de son engagement à la suite du Christ, fascine et attire. Il donne une clef de l’espérance contre toute espérance, marquée au sceau de la miséricorde divine pour laquelle rien n’est impossible.

Son choix d’une existence érémitique, dans le silence de la Trappe, bientôt dépassé par l’appel du désert ; son désir réitéré d’occuper « la dernière place » nous renvoient à la folie austère des premiers pères du Désert, Antoine, Évagre, Jean Climaque. Folie ? Folie de l’Évangile qui bouleverse nos catégories et laisse entrer en nous d’insoupçonnées questions.

Sur nos routes pavées de bonnes intentions, d’activités « catho-fébriles », il nous rappelle le sens indépassable de l’adoration, simultanément le sens de notre destinée.

SaharaLes roches de Tamanrasset accrochent le regard, capturent la lumière à certaines heures du jour. Entre l’une et l’autre se glisse l’alternance du soleil levant, jusqu’au soleil couchant, le rythme infatigable des jours comptés d’une existence tournée vers l’Infini, l’Éternité de la vraie Vie. Le frère Charles fut assassiné à 56 ans. Ses jours perdus dans le sable perdurent dans le ciel.

Mais qu’importe le temps, puisque dans chaque parcelle de l’hostie consacrée s’illumine le visage d’un frère et celui de Dieu plus présent peut-être qu’ailleurs, là où il peut régner dans la transparence de la lumière du désert.

Au centre de la vie de frère Charles il y a le dépouillement total, moins le désir d’être libéré de toutes formes de contrainte sociale, que de laisser s’anéantir un moi encombrant au profit de la suffisante plénitude de Dieu au sein de l’être créé. Pour lui aussi « Dieu seul suffit », à l’encontre de notre invincible tendance à soutenir que le quotidien seul suffit à nous occuper, à nous absorber entièrement. S’il reste quelques minutes inoccupées, il semble normal de croire un peu en Lui, de l’aimer comme on peut, d’espérer parfois en ses promesses.

L’oraison

Rejoindre l’oraison du Père de Foucauld

Vivre de l’Évangile

Méditer l’Évangile, prendre des temps d’adoration, tout cela fut vécu par le Père Charles : « la meilleure prière est celle où il y a le plus d’amour ». Mais le temps d’une journée est long et nos occupations empiètent de bien des manières sur notre vie spirituelle, Vie-pour-Dieu et avec-Dieu. Quand le soir arrive, une multitude de barricades nous éloignent de Lui.

« Outre le temps consacré à la prière, vous devez pendant tout le reste de vos journées élever le plus souvent possible Votre âme vers moi… que ce soit le plus souvent possible. »

Ainsi l’oraison ne sera-t-elle pas une enclave difficile à meubler en un moment de temps, mais le lien vital de l’âme et de son Seigneur, prémices d’un face-à-face qui , par delà la mort, ne sera pas nouveauté absolue, mais éternel épanouissement d’une démarche toute simple, aussi simple que la rencontre d’un ami.Le désert

Dans la spiritualité de frère Charles, comme en toute spiritualité vraiment chrétienne, évitant l’égocentrisme ou la prière affective, dépourvue de médiations, l’Évangile parole de Vie est au centre. Notre Dieu est Parole, son Verbe l’a proclamé.

« Toute notre existence, tout notre être doit crier l’Évangile sur les toits ; toute notre personne doit respirer Jésus, tous nos actes, toute notre vie doivent crier que nous sommes à Jésus, doivent présenter l’image de la vie évangélique. »

La prière

Le vrai sens d’une prière de demande

Elle n’est pas sans dialogue ou oraison —> Étape I

S’adresser au seigneur, comme pour lui extorquer notre dû, sans préparation ; plus tard sans action de grâce, sans jamais dire merci, c’est sous couvert de piété malheureuse, exiger sans proximité, ni désir de reconnaissance, tomber sous l’accusation de l’apôtre Jacques.

Or si Dieu est bienheureux, il n’est pas impassible, il est compassion : « J’ai pitié, j’ai compassion de leurs deuils, de leurs maladies, de leurs inquiétudes… »

Ou encore, cette conviction qui doit devenir mienne : Nous pouvons tout par la prière. Si nous ne recevons pas, c’est, ou que nous avons manqué de foi, ou que nous avons trop peu prié, ou qu’il serait mauvais pour nous que notre demande soit accordée ou que Dieu nous donne quelque chose de meilleur que ce que nous demandons…

Mais sachons que rien n’est impossible à obtenir ; il faut demander les choses les plus difficiles telles que les conversions des grands pécheurs, voire de peuples entiers.

La foi pure mais aimante et délicate, la grâce de la plus grande vertu théologique, malgré l’échec apparent de sa vie cachée, a illuminé le désert et fait jaillir en son temps, groupes, fraternités, congrégations vivant encore de l’élan de frère Charles de Foucauld.

Mon Père, je m’abandonne à vous. Faites de moi tout ce qu’il vous plaira.
Quoique vous fassiez de moi, je vous remercie. Je suis prêt à tout.
J’accepte tout pourvu que votre volonté se fasse en moi, en toutes vos créatures.
Je remets mon âme entre vos mains ; je vous la donne, ô mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur parce que je vous aime et que ce m’est un besoin
d’amour de me donner, de me remettre en vos mains sans mesure,
avec une infinie confiance, car vous êtes mon Père.